Trois caméras de surveillance détruites en deux semaines, c’en est trop pour le maire de Sartrouville. Pierre Fond demande des résultats à la police.
Pierre Fond, le maire (UMP) de Sartrouville, est excédé. En fin de semaine dernière, deux caméras de vidéosurveillance, implantées dans le quartier sensible des Indes, ont été la cible de tireurs. Et ce n’est pas une première. Déjà la semaine précédente, une autre caméra avait été victime d’un coup de fusil.
Et en juin dernier, trois autres engins avaient été visés par des tirs d’armes à feu. Et pour faire bonne mesure, hier soir, le directeur du Logement francilien a été agressé en sortant de son bureau à Sartrouville. Il a été gazé par des individus qui ont ensuite pris la fuite.
« Cela fait six mois que ça dure, tempête l’édile. Pour moi, c’est une affaire grave. Il n’est pas anodin que des gens se déplacent en pleine rue à 21 heures, armés de fusil, et tirent à trois reprises sur des caméras de surveillance. » Le premier magistrat de la deuxième commune du département, la mieux équipée en vidéosurveillance avec 58 yeux électroniques, veut des résultats et réclame des renforts de police judiciaire.
« Je ne suis pas certain que les moyens suffisants soient dépêchés pour cette enquête. Le dispositif de maintien de l’ordre est certes efficace, mais je ne suis pas sûr qu’il soit adapté. L’Etat devrait passer à la vitesse supérieure », poursuit l’édile qui explique cet acharnement sur le système de vidéosurveillance par la gêne qu’il peut occasionner aux trafiquants de drogue du quartier.
« Nous préparons la démolition de trois tours, qui doit intervenir en juin prochain. Ces immeubles abritaient des trafics de drogue. C’est un problème de caïds qui défendent leur commerce. L’omert a qui régnait jusqu’alors est brisée par les caméras, donc on casse les caméras. » Pour le directeur départemental de la sécurité publique, Christian Loiseau, ces dégradations sont plutôt la marque de la défense d’un territoire. « Les trafics de drogue peuvent s’organiser en dehors du champ des caméras. Il s’agit plutôt d’une défense de territoire. L’implantation de caméras est vécue comme une intrusion insupportable du pré carré de certains délinquants. » A l’agacement du maire sur le piétinement de l’enquête et l’insuffisance de moyens, il rétorque : « Je comprends l’irritation du maire, très attaché à la sécurité de sa commune, mais nous avons le sentiment d’avoir mis le monde qu’il fallait sur cette affaire que nous ne traitons pas à la légère. » Pierre Fond n’entend pas en rester là . Surtout après l’agression du responsable du Logement francilien hier soir. « Si cela est nécessaire, je demanderais un rendez-vous avec le ministre de l'Intérieur. Je compte bien poursuivre ce combat et j’entends qu’on se donne les moyens pour cela. » En attendant, les trois caméras détruites, d’une valeur de 5 000 € pièce, toutes propriété du bailleur social le Logement francilien, vont être remplacées.
VÉRONIQUE BEAUGRAND | 23.02.2010, 07h00
www.leparisien.fr
Pierre Fond, le maire (UMP) de Sartrouville, est excédé. En fin de semaine dernière, deux caméras de vidéosurveillance, implantées dans le quartier sensible des Indes, ont été la cible de tireurs. Et ce n’est pas une première. Déjà la semaine précédente, une autre caméra avait été victime d’un coup de fusil.
Et en juin dernier, trois autres engins avaient été visés par des tirs d’armes à feu. Et pour faire bonne mesure, hier soir, le directeur du Logement francilien a été agressé en sortant de son bureau à Sartrouville. Il a été gazé par des individus qui ont ensuite pris la fuite.
« Cela fait six mois que ça dure, tempête l’édile. Pour moi, c’est une affaire grave. Il n’est pas anodin que des gens se déplacent en pleine rue à 21 heures, armés de fusil, et tirent à trois reprises sur des caméras de surveillance. » Le premier magistrat de la deuxième commune du département, la mieux équipée en vidéosurveillance avec 58 yeux électroniques, veut des résultats et réclame des renforts de police judiciaire.
« Je ne suis pas certain que les moyens suffisants soient dépêchés pour cette enquête. Le dispositif de maintien de l’ordre est certes efficace, mais je ne suis pas sûr qu’il soit adapté. L’Etat devrait passer à la vitesse supérieure », poursuit l’édile qui explique cet acharnement sur le système de vidéosurveillance par la gêne qu’il peut occasionner aux trafiquants de drogue du quartier.
« Nous préparons la démolition de trois tours, qui doit intervenir en juin prochain. Ces immeubles abritaient des trafics de drogue. C’est un problème de caïds qui défendent leur commerce. L’omert a qui régnait jusqu’alors est brisée par les caméras, donc on casse les caméras. » Pour le directeur départemental de la sécurité publique, Christian Loiseau, ces dégradations sont plutôt la marque de la défense d’un territoire. « Les trafics de drogue peuvent s’organiser en dehors du champ des caméras. Il s’agit plutôt d’une défense de territoire. L’implantation de caméras est vécue comme une intrusion insupportable du pré carré de certains délinquants. » A l’agacement du maire sur le piétinement de l’enquête et l’insuffisance de moyens, il rétorque : « Je comprends l’irritation du maire, très attaché à la sécurité de sa commune, mais nous avons le sentiment d’avoir mis le monde qu’il fallait sur cette affaire que nous ne traitons pas à la légère. » Pierre Fond n’entend pas en rester là . Surtout après l’agression du responsable du Logement francilien hier soir. « Si cela est nécessaire, je demanderais un rendez-vous avec le ministre de l'Intérieur. Je compte bien poursuivre ce combat et j’entends qu’on se donne les moyens pour cela. » En attendant, les trois caméras détruites, d’une valeur de 5 000 € pièce, toutes propriété du bailleur social le Logement francilien, vont être remplacées.
VÉRONIQUE BEAUGRAND | 23.02.2010, 07h00
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